lundi 28 février 2011

I- La Symbolique maçonnique

            La franc- maçonnerie comprend de nombreux symboles, ceux-ci prennent la forme de pictogrammes, de rites, et de différents rôles, « degrés ». Ils ont tous une portée allégorique, liée à l’introspection que nécessite l’appartenance à la franc-maçonnerie, ou à la croyance maçonnique en la perfectibilité de l’homme.
La symbolique maçonnique trouve son origine la plus lointaine en Europe, à l’époque médiévale, celle des constructeurs de cathédrales présents en France, en Grande-Bretagne, en Écosse et en Allemagne. La nouvelle société maçonnique reprend à son compte les outils de la construction pour en faire des symboles. La symbolique maçonnique ne trouve pas son origine dans l’Antiquité, pas plus que dans les traditions orientales.
Celle-ci se fonde principalement sur trois symbolismes (une symbolique étant un ensemble de symboles et de symbolisme) : le symbolisme de la construction et du temple en dérive, le symbolisme de la lumière, et celui des nombres. S’ajoutant à ces symbolismes importants, la symbolique biblique et  un ensemble de symboles, apparus au gré des circonstances historiques, ils peuvent être alchimiques, chevaleresques, templières, militaires, ou astrologiques.

a)    Une symbolique imagée

Au commencement de nos recherches, nous avons été immédiatement interpellés par l’omniprésence de symboles maçonniques diverses, dans les rues de Paris. Nous avons donc décidé d’effectuer une promenade dans la capitale afin de localiser précisément ces pictogrammes, et de découvrir par la même occasion  les grands lieux de la maçonnerie. Mais avant de vous montrer les  fruits de cette sortie, il est important de vous expliquer la signification des différents symboles et la manière dont leur portée allégorique est en adéquations avec les grandes idées des maçons.
Une petite introduction aux explication de la symbolique:
http://www.youtube.com/user/tpefm2011?feature=mhum#p/a/u/2/ReSMjlx2n1g
-L’équerre et le compas :

Ce symbole, qui représente l’association fraternelle des francs-maçons, comprend deux outils différents du métier de bâtisseur qui ne sont pas toujours associés : l’équerre et le compas.
L’équerre est l’attribut des architectes par excellence. Le rituel maçonnique explique que l’équerre est un instrument dont les maçons opératifs se servaient pour tracer, construire ou vérifier un angle droit. Sur le plan symbolique ou spéculatif, l’équerre représente la régularité  et la perfection des travaux d’un maçon. Les francs maçons spéculatifs l’utilisent comme un instrument de vertu gouvernant tous leurs actes envers les humains. L’équerre  représentant l’honnêteté, la droiture et la vertu, elle est aussi l’insigne du Vénérable maître. L’équerre doit inspirer la droiture dans les pensées et les actions. Elle est le symbole de la loi morale.
L’explication rituelle du compas est un peu plus complexe. Il sert bien sûr à tracer des cercles, mais aussi à reporter des mesures. Le compas est l’image de la pensée qui peut s’ouvrir et se fermer. Lorsque vous tracez un cercle avec le compas, l’une des pointes reste au centre du cercle. Ce point représente l’individu franc-maçon.  Le cercle représente les limites de son monde et les gens avec lesquels il entre en contact. Il doit toujours vivre selon ces préceptes d’amitié, de moralité et d’amour fraternel, dans tous ces rapports avec les humains et particulièrement avec ses frères maçons. Des  enluminures médiévales représentent le Créateur de l’univers tel un géomètre, tenant à la main un compas lui permettant de dessiner le monde.
Dans de nombreuses traditions, l’équerre est associée au carré, qui est une représentation de la terre et de la matière, et le compas au cercle, qui représente le ciel ou l’esprit. Ainsi le couple équerre/ compas renvoie-t-il au couple matière/esprit. Il y a différentes façons d’associer l’équerre et le compas, en effet au grade d’apprenti, l’équerre est posée sur le compas ce qui représente la domination de la matière sur l’esprit, au grade de compagnon les branche des deux outils sont entrelacées, ce qui montre que les deux forces s’équilibrent, enfin, au grade de maître, le compas est posé sur l’équerre ce qui montre que l’esprit domine la matière. Il s’agit donc d’une façon symbolique de montrer la progression dans les différents degrés en mettant l’accent sur la dimension spirituelle de l’initiation maçonnique.

-Le maillet, le ciseau et la règle à vingt-quatre divisions :
Ce sont les trois outils symboliques de l’apprenti.  Les maçons opératifs faisaient les trois-huit : huit heures pour le travail, huit heures pour servir Dieu et les autres hommes, et huit heures pour le repos et le sommeil. Une vie bien réglée en somme. En franc-maçonnerie, la règle à vingt-quatre divisions représente la journée d’un franc-maçon dont toutes les heures doivent être utilement employées. Mais chacun est libre de mettre ce qu’il veut derrière le terme « utile ».

-Le maillet et le ciseau 

Ce sont les outils des tailleurs de pierre. Ils permettent d’enlever les aspérités de la pierre pour la rendre conforme à son usage dans la construction. Transposés sur le plan symbolique, le maillet et le ciseau sont les outils qui permettent à l’apprenti franc-maçon de se transformer lui-même par le travail. Le maillet représente la volonté dans le travail, la force tandis que le ciseau symbolise  le discernement, la précision. Ainsi, ces symboles qui sont toujours présentés ensemble enseignent que toute force est vaine si elle n’est pas utilisée avec discernement.     

-Le fil à plomb :


-Le niveau :

Le niveau est un outil servant à vérifier l’horizontalité des surfaces. Pour le franc-maçon spéculatif, il symbolise l’égalité. Il enseigne que tous les francs-maçons se trouvent au même niveau, quelle que soit leur position économique ou sociale dans le monde extérieur. Ce n’est pas un outil pour transformer la matière mais un instrument de vérification. En ce sens, le niveau n’implique pas le nivellement des valeurs. Le niveau peut fonctionner avec le fil à plomb. Quelle que soit la technique, c’est la gravité qui est utilisée, signe que, pour être à niveau il faut déjà avoir conscience de la verticale, et, sur un plan initiatique, se connaître soi-même. Voilà le message du niveau, qui est l’insigne du premier surveillant en charge de l’instruction des compagnons.

-La pierre brute et la pierre taillée :
Deux pierres sont présentes dans la loge de l’apprenti. La première est une pierre brute, et la seconde une pierre taillée en forme de cube.  Le franc-maçon est souvent comparé à une pierre. Ces deux symboles indissociables montrent une progression dans la démarche initiatique : le point de départ et l’objectif. La pierre brute représente l’homme dans son état grossier, impoli, imparfait. Les maçons apprennent que par l’éducation, la culture, la discipline et le travail, ils peuvent devenir des individus plus parfaits, comme la pierre taillée, qui peut prendre place dans le temple de l’humanité.

-Les deux colonnes :

Les colonnes (ou piliers) sont des symboles importants de la maçonnerie. En effet, chaque loge possède sous une forme ou une autre une représentation de ces deux colonnes, qui jouent un rôle important dans la cérémonie du degré du compagnon. Comme le soleil et la lune, les deux colonnes représentent es deux principes actif-passif ou encore masculin /féminin.

-L’acacia : Il s’agit d’un symbole du degré de maître. C’est un symbole très important pour un franc-maçon et sa signification se trouve dans la légende  de l’assassinat du maître Hiram. Dans cette légende, les trois mauvais compagnons tuent le maître Hiram, enterrent le corps puis plantent un rameau d’acacia sur cette tombe. Dans certains rituels, le rameau d’acacia  reprend vie. L’acacia qui désigne une famille de plantes, symbolise le triomphe sur la mort en raison de la  solidité de son bois. Hiram assassiné est censé se perpétuer en la personne de chaque nouveau maître maçon, et la branche d’acacia symbolise la jeunesse qui triomphe de la mort, la victoire de la lumière sur les ténèbres. La branche d’acacia qui surgit à la vie à partir d’une branche morte nous rappelle l’espoir d’immortalité qui unit toutes les religions.

-La truelle :La truelle est pour les maçons opératifs, l’outil qui sert à étendre le ciment ou le mortier. Ce ciment permet aux briques ou aux pierres de tenir ensemble et, quand il sèche, ces éléments individuels sont reliés en un mur ou un bâtiment solide. Dans la franc-maçonnerie spéculative, la truelle sert à répandre le ciment de l’affection fraternelle unissant les membres individuels de la loge en un groupe de frères  étroitement unis.  Lorsqu’ils sont rassemblés par les cérémonies et les pratiques de la maçonnerie, les individus s’entraident et aident la société dans son ensemble.

-L’étoile flamboyante et la lettre G :

L’étoile à cinq branches est le grand symbole des compagnons. Ce symbole était considéré par les anciens comme un symbole universel de perfection et de beauté. On le retrouve dans des créations artistiques, sur certaines monnaies, dans les rosaces des cathédrales, sur des drapeaux et dans les insignes de certaines confréries.
L’étoile flamboyante oriente et indique le chemin à suivre.De la même façon que le compagnon opératif faisait son tour de France, le compagnon franc-maçon est incité à voyager et l’étoile est là pour lui indiquer ou il doit se diriger pour revenir.
Au centre de l’étoile flamboyante se trouve la lettre G. Cette lettre a plusieurs significations. Elle désigne souvent la géométrie, qui est l’art sacré des anciens bâtisseurs à l’origine de la franc-maçonnerie. Grâce à la géométrie, les bâtisseurs maçonniques pouvaient traduire des tracés en structures massives, ce qui paraissait à l’époque un talent magique. La géométrie peut aussi servir à prévoir le retour des saisons, à déterminer l’orbite des planètes et à expliquer et explorer les mystères de l’univers.
La lettre G est aussi utilisée pour éviter toute représentation spécifique ou sectaire de Dieu (qui se dit God en anglais) de sorte que tous les maçons, quelle que soit leur religion personnelle, puissent désigner le grand Architecte de l’Univers. Les hommes de différentes croyances ont des noms et des symboles différents pour Dieu, mais à l’intérieur de la loge, le G est utilisé pour les unir et non pour les diviser.
Unir le grand Architecte de l’Univers à la géométrie est une façon de relier le monde spirituel et le monde physique, c’est pourquoi la lettre G se trouve entre l’équerre et le compas. Elle peut signifier autre chose et le compagnon franc-maçon est incité à chercher toutes les significations acceptables de ce symbole.
Nous avons également constaté que cette symbolique était omiprésente à travers Paris c'est pourquoi nous avons effectuer une promenade du "Paris maçonnique", et pu constater que les représentations maçonniques étaient fort nombreuses, ce qui pouvait devenir angoissant:
http://www.youtube.com/user/tpefm2011?feature=mhum
            Les symboles maçonniques sont donc la représentation concrète d’une idée abstraite, et peuvent une fois expliqué démythifier la maçonnerie et atténuer son aspect mystérieux.

b)  Les rites maçonniques : entre organisation et traditions métaphoriques

         La franc-maçonnerie répond à des rites et des rituels biens précis, ceux-ci permettent non seulement à la maçonnerie de trouver une certaine organisation. Puisque les cérémonies répondes à des traditions, et à une hiérarchie extrêmement précise. Celles-ci ne sont pas que de simples archaïsmes mystiques, ils ont avant tout une portée allégorique qui rappel, la classification des maçons en degrés et les fonctions qu’ils occupent.

 1) Les deux rites les plus pratiqués en France

Un rite maçonnique est  une méthode qui organise la progression d’un franc-maçon selon des degrés (ou grades) qui sont gravis les uns après les autres, du premier jusqu’au dernier. Le nombre de grade varie selon le rite pratiqué : il y a en a sept dans le rite français, trente-trois dans le rite écossais  et quatre-vingt-dix-neuf dans le rite égyptien.  Pour passer d’un grade au suivant, le candidat doit montrer qu’il a travaillé les symboles de son degré et qu’il a progressé dans sa démarche initiatique. En effet, chaque degré propose une instruction que chaque franc-maçon doit méditer plus qu’apprendre afin d’en tirer pour lui-même un enseignement pour sa vie de tous les jours.
Dans  la Franc-maçonnerie traditionnelle, seul les trois premiers degrés comptent, les degrés suivants, appelés degrés supplémentaires, doivent êtres considérés comme des degrés d'instruction, ou de perfectionnement, et non pas comme des grades impliquant un pouvoir particulier.  Apprenti, compagnon et maître constituent ces trois  premiers degrés dont la symbolique provient des métiers des constructeurs de cathédrales. Ces degrés sont communs à tous les rites traditionnels de la franc-maçonnerie. Les tenues qui se déroulent au grade d’apprenti rassemblent apprentis, compagnons et maître. Une tenue au deuxième degré n’accepte que les compagnons et les maîtres. Enfin, la tenue au troisième degré est réservée aux maîtres ; à ce grade-ci, on est reconnu comme pleinement maçon, en possession de tous ses droits. 
Les franc- maçons qui souhaitaient continuer à  se parfaire  au travers de la méthode maçonnique ont créé des degrés supérieurs à condition que le rite qu’ils pratiquent le permette. C’est le cas pour le rite écossais ancien et accepté. Ce rite, originaire de la ville de Charleston aux Etats-Unis,   est le rite le plus pratiqué en France et dans le monde.  En effet, les francs-maçons de la Grande Loge de France, du Grand Orient de France, de la Grande loge nationale française et de la Grande Loge féminine de France le pratiquent. Le rite écossais ancien et accepté  est un rite qui comprend 33 degrés. Chacun de ces grades doit être vu comme une étape, non comme une promotion. Ainsi, même si on parle d’une augmentation de salaires lorsque l’on passe d’un degré  à un autre, ce salaire représente ce qui récompense le travail, c’est-à-dire plus de connaissance, plus de conscience et pour certains plus de sagesse. Le tableau ci-dessous montre les différents degrés.
Degré n°
Titre
Apprenti
Compagnon
30°
Maître
Maître Secret
Maître Parfait
Secrétaire Intime
Prévôt et Juge
Intendant des Bâtiments
Maître Élu des Neuf
10°
Illustre Élu des Quinze
11°
Sublime Chevalier Élu
12°
Grand Maître Architecte
13°
Chevalier de Royal Arche
14°
Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée
15°
Chevalier d'Orient ou de l'Épée
16°
Prince de Jérusalem
17°
Chevalier d'Orient et d'Occident
18°
Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
19°
Grand Pontife
20°
Maître Ad Vitam
21°
Chevalier Prussien
22°
Prince du Liban
23°
Chef du Tabernacle
24°
Prince du Tabernacle
25°
Chevalier du Serpent d'Airain
26°
Prince de Mercy
27°
Grand Commandeur du Temple
28°
Chevalier du Soleil
29°
Grand Ecossais de Saint-André d'Écosse
30°
Chevalier Kadosh
31°
Grand Inspecteur Inquisiteur
32°
Sublime Prince du Royal Secret
33°
Souverain Grand Inspecteur Général
Ces trente-trois degrés du rite écossais ancien et accepté sont organisés en sept catégories. A chaque catégorie correspond un type de loge. Les sept types de loges du rite sont :
-Les loges symboliques : les francs maçons travaillent du 1°au 3° degré du rite.
-Les loges de perfection : les degrés dits de perfection, vont du 4° au 14° degré.
-Les souverains chapitres travaillent du 15° au 18° degré
-Les sublimes aréopages : vont du 19 au 30° degré
-Les tribunaux : au 31° degré
-Les consistoires : au 32° degré
-Le suprême conseil : au 33° degré
Le suprême conseil est constitué par cooptation parmi les franc- maçons du 33° degré et est composé de neuf à trente-trois membres nommés à vie. Il est en charge de l’administration de toutes les loges à partir des loges de perfection et est le défenseur ainsi que le gardien du rite écossais ancien et accepté. Il est présidé par un très puissant souverain grand commandeur  qui est assisté par un collège de grands officiers, parmi lesquels se trouvent un grand secrétaire général, un grand chancelier et un grand trésorier.
Le rite français, également appelé  rite français moderne, fut crée en 1786 par le Grand chapitre Général de France.  A sa naissance, ce rite prônait la croyance en un Dieu unique, Etre suprême créateur de l’univers. Mais dès le XIX siècle, le rite français s’ouvre aux idées jugées modernes de laïcité voire même d’athéisme.
Au trois degrés de la maçonnerie traditionnelle ont  été ajouté quatre degrés de sagesse appelés aussi ordres, regroupés en chapitre. A chacun de ces quatre premiers ordres, correspond un grade unique relevant de cet ordre :
 -Premier ordre de Rose-Croix :4ème degré, maître élu
 -Second ordre de Rose-Croix :5ème degré, maître écossais
 -Troisième ordre  de Rose-Croix : 6ème degré, chevalier d’Orient
 -Quatrième ordre de Rose-Croix : 7ème degré, souverain prince Rose-Croix
Dans les hauts grades, le parcours initiatique d’un maçon du rite français passe par quatre grades : le grade d’élu secret, qu’il reçoit dans le chapitre ouvert en son premier ordre, le grade de grand élu écossais, qu’il reçoit dans le chapitre ouvert en son deuxième ordre ; le grade de chevalier d’orient, qu’il reçoit dans le chapitre ouvert en son troisième ordre ; et le grade chevalier Rose-Croix, qu’il reçoit dans le chapitre ouvert en son quatrième ordre.

2) Le fonctionnement des loges :

Après avoir définit les différents rites maçonniques, il est intéressant de comprendre pourquoi ils sont encore présents aujourd’hui. En effet, leur pratique peut sembler archaïque et dénuée de sens, mais elle constitue un des fondements de la maçonnerie, qui doit être vécue ( d’où la nécessité du rite iniatique), ainsi selon les francs-maçons «  on ne peut être témoin de la maçonnerie, il faut la vivre car elle est incommunicable sur le plan intellectuel ».
Nous allons cependant tenter de vous décrire l’organisation des loges maçonniques, afin de mieux comprendre la hiérarchie qui y existe. Le mot loge a en réalité deux sens pour les francs-maçons. C’est à la fois un lieu où se tiennent les rencontres maçonniques « tenues », et un terme désignant les frères qui s’y rencontrent « atelier ».
Une loge désignait au Moyen Age, un édifice temporaire que les maçons installaient souvent à proximité des sites de constructions. Ils en avaient besoin pour s’y réfugier par exemple en cas d’intempéries et pouvaient y manger, y dormir, y planifier leur projet, et même y discuter après une dure journée de travail. Aujourd’hui les loges sont différenciables par leur nom qu’on appelle « titre distinctif» ( souvent un mot ou une expression symbolique) , leur numéro ( plus la loge est ancienne plus le numéro est petite), et leur lieu de réunion appelé « Orient ».
  Il est courant d’appeler le bâtiment maçonnique qui abrite les loges un temple, il y a là une connotation sacrée, mais pas religieuse. Cette affirmation au premier abord contradictoire est due au fait que les temples sont des lieux de recueillement et de réflexion, qui permettent aux maçons de s’isoler notamment « des bruits de la rue » et de penser de manière approfondie.
Les maçons ont donc des réunions régulières appelées « tenues », celles-ci ont lieu dans les temples, tout au long de l’année de septembre à juin ( environt deux fois par mois). Au cours de ces tenues se déroule un rituel adapté aux différents degrés des frères maçons présents, ce qui doit permettre à chacun de couper du monde extérieur et de se placer dans les meilleures conditions pour travailler. Un sujet ( qui peut porter sur le rite, l’histoire, le symbolisme, l’initiation maçonnique ou sur des questions de société, mais jamais sur la politique ou la religion), est proposé par un membre et suivi d’un débat. Des tenues particulières appelées « cérémonie d’initiation » ou « cérémonies de réception » ont pour objectif d’intégrer, d’initier de nouveaux membres, ou d’assurer la progression de ceux-ci dans les différents degrés prévus par le rite qu’ils suivent.

Chaque loge est présidée par un Vénérable Maître, il est assisté dans cette tâche par un ensemble de maîtres maçons appelé collège des officiers. Chaque officier du collège remplit une fonction très précise, on dit aussi qu’il occupe un « plateau », en référence au fait qu’il se place dans la loge à un endroit bien précis dépendant de sa fonction. Dans la plupart des loges les officiers exercent leur fonction pendant un an, ils sont élus par les maîtres de la loge. Les noms et la tâche des officiers sont majoritairement tirés de coutumes médiévales pratiquées par les guildes des maçons, fondateurs de la franc-maçonnerie. L’une des manière dont un officier proclamait son grade était le port d’un insigne correspondant à sa fonction, au bout d’un sautoir porté autour du cou, il en est de même aujourd’hui dans la franc-maçonnerie.

Le collège des officiers d’une loge comprend dix officiers :

-Le Vénérable Maître : 

Il siège à l’Est « à l’Orient », et préside sa loge. Il a donc le dernier mot concernant toutes les actions de celle-ci, il est aussi chargé comme le prévoit le rituel de « mettre la loge au travail, et de lui donner des instructions complètes pour ses efforts ». Il préside aux réunions de travail et à l’attribution des degrés. L’appellation de « Vénérable Maître » marque juste le respect de ses frères, car il n’est ni un prêtre, ni un chef, et encore moins un gourou. Du point de vue administratif, il a le statut d’un président d’association, soumis à un mandat d’un ou trois ans selon les loges. Le bijou du Vénérable est une équerre, qui ici symbolise la « vertu ».

-Le premier surveillant : siège à l’Ouest symbole du soleil couchant et assiste le vénérable maître à l’ouverture et à la fermeture de la loge, il est comme un vice-président. Il surveille les frères assis sur la colonne du midi et est en charge de l’instruction des compagnons, il organise également  à cet effet des réunions de compagnons en dehors des tenues rituelles. Son bijou est le niveau et symbolise le fait que les maçons se rencontrent au même niveau indépendamment de leur statut social.

-Le Second surveillant : siège au sud symbolisant le soleil à midi et surveille la colonne du septentrion, celle des apprentis. Pour cela il organise des comités d’apprentis qui se réunissent une fois par mois. Pendant ces comités les apprentis travaillent sur les symboles du premier degré. Le bijou du second surveillant est le fil à plomb qui représente la droiture des maçons.

-L’Orateur :siège à l’Orient à Gauche du vénérable maître, il est le gardien de la loi, il s’assure que tout ce qui se passe en loge est conforme au règlement général, édité par l’obédience à laquelle la loge appartient. Et propose à la suite des débats une synthèse des idées échangées. Son bijou est constitué d’un livre ouvert ou d’un soleil rayonnant.

-Le secrétaire : siège à l’Orient, à droite du Vénérable Maître. Il est le gardien de la mémoire de la loge. Il rédige les comptes-rendus des travaux et les lits à la tenue suivante, il tient aussi à jour les correspondances. Le bijou du secrétaire est constitué de deux plumes d’oie croisées.

-Expert: il siège à l’orient à droite du Vénérable Maître. C’est d’ailleurs son messager, de ce fait il se déplace beaucoup, et veille à la bonne application des rituels, notamment en effectuant le geste symbolique d’ouvrir et de fermer le volume de la loi en début et en fin de séance, il enroule également le tapis et éteint les bougies en fin de séance. Son bijou est constitué d’une épée et d’une règle le tout surmonté d’un œil, symbole de la vigilance.

-Le Couvreur : le couvreur est assis à l’extérieur près de la porte close de la salle de loge du temple, il est armé d’une épée et garde l’entrée contre les profanes. Il s’occupe également des retardataires et des tenues des frères, qu’il inspecte avant de les laisser rentrer. Son bijou est une épée parfois flamboyante, référence biblique à la Genèse. Elle n’a pas de fourreau car elle doit être toujours prête à la défense.

-Le trésorier : est assis à gauche du Vénérable Maître, ses fonctions sont de prendre soins des deniers de la loge., Il reçoit tout l’argent du secrétaire. Son bijou est une paire de clefs croisées montrant qu’il est garant du portefeuille de la loge.

-L’Hospitalier : il est assis à la droite du Vénérable Maître et derrière l’Expert. Il s’occupe des frères en difficulté, en toute discrétion, il dépose le montant de la quête faite après chaque tenue (tronc de la veuve) , et visite également les frères malades ou âgés. Son bijou représente une aumônière ornée d’un cœur.

-Le Maître des cérémonies : Siège à Gauche du vénérable maître, et a en charge tous les aspects matériels de la loge, il prépare le temple avant la tenue, puis le range après. Il organise tous les mouvements de loge, accueille et escorte les visiteurs dans la loge, et s’occupe des nouveaux candidats qu’il présente. Il possède une canne en bois avec laquelle il frappe pour le sol pour marquer tous les déplacements. Son bijou est constitué de deux cannes entrecroisées.

La symbolique maçonnique est donc un ensemble complexe de traditions et de représentations, il est important de comprendre, que chaque symbole ou symbolisme de quelque nature qu’il soit à une portée allégorique, ces significations ont un lien avec les grandes idées maçonniques. Mais étant difficiles d'accès pour les profanes, car théoriquement secrètes ces pratiques peuvent constituer une source d’angoisse, et donc une des causes du mythe.

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